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Anthropologie et linguistique
Convergences et recherches actuelles

Cycle 2016–2017

Nous avons ouvert le dossier de l'opacité des intentions d'autrui — the opacity of other minds — traité sous l'angle de l'anthropologie linguistique. Deux raisons au moins nous ont dicté ce choix susceptible d'intéresser un auditoire associant des étudiants en Anthropologie et en Arts et langages. La première touche à l'histoire récente de l'ethnographie: c'est l'émergence du thème de l'opacité de ce qu'éprouvent les natives sur le terrain, observés par les océanistes (puisque ce sont les océanistes qui ont ouvert ce dossier). Ce thème dans les années 1980 relevait de ce qu'on appelait alors anthropology of emotion. Nous nous sommes référés aux grands textes de cette époque, et par exemple à Michelle Rosaldo, Knowledge and Passion.

L'autre raison de nous y intéresser, c'est que, loin d'être confinée au domaine très étroit de l'ethnographie exotique, la question de l'opacité des intentions d'autrui n'est que l'envers d'une question philosophique née en Europe à l'époque romantique, qui anima d'abord l'esthétique allemande, puis la psychologie, avant de constituer l'épine dorsale de la phénoménologie: la question de l'empathie.