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Performance et cognition

With the postmodern dislodgement of spatialized thinking and ideal models of cognitive and social structures from their position of exegetical preeminence, there is occurring a major move towards the study of processes, not as exemplifying compliance with or deviation from normative models both etic and emic, but as performances. Performances are never amorphous or openended, they have diachronic structure, a beginning, a sequence of overlapping but isolable phases and an end. But their structure is not that of an abstract system; it is generated out of the dialectical oppositions of processes and of levels of process. In the modern consciousness, cognition, idea, rationality, were paramount. In the postmodern turn, cognition is not dethroned but rather takes its place on an equal footing with volition and affect.

Victor Turner, The Anthropology of Performance, New York, PAJ Publications, 1987, p. 80.

«Suivant les pas d'Orphée»

«La mécanique, chez les Grecs, est apparue tout d'abord comme une technique qui consiste à ruser avec la nature, notamment à produire des mouvements apparemment contraires à la nature, à l'obliger à faire ce qu'elle ne peut pas faire par elle-même, grâce a des instruments artificiels et fabriqués… Comme la mécanique, la magie vise à produire dans la nature des mouvements qui ne paraissent pas naturels, et, au moins dans sa forme antique, elle se présente comme une technique de contrainte qui s'exerce sur les puissances invisibles, dieux ou démons, qui président aux phénomènes de la nature.

En opposition à cette physique qui, utilisant différentes techniques, modifie artificiellement la perception des choses, il y a place pour une physique qui s'en tient à la perception, pourrait-on dire, naïve et n'utilise, pour comprendre la nature que le raisonnement, l'imagination, le discours ou l'activité artistique. Ce sera surtout la physique philosophique… qui deviendra plus tard, dans les Temps modernes et à l'époque romantique, philosophie de la nature.

Rempli d'un feu divin qui m'a l'âme échauffée,
Je veux, mieux que jamais, suivant les pas d'Orphée,
Découvrir les secrets de Nature et des Cieux.

Ronsard, Hymne à l'Éternité

En liant Orphée à la découverte des secrets de la Nature, Ronsard… voulait peut-être aussi faire allusion au pouvoir de séduction que selon la légende, le chant et le jeu de la lyre donnent à Orphée sur les êtres vivants et non vivants. Ce n'est donc pas par la violence, mais par la mélodie, le rythme et l'harmonie qu'Orphée pénètre les secrets de la nature.»

Pierre Hadot, Le Voile d'Isis. Essai sur l'histoire de l'idée de Nature, Paris, Gallimard, 2004, pp. 94 et 108–110.

Comment développer l'anthropologie cognitive à l'ère postmoderne? — Sous la forme d'une anthropologie des arts vivants (anthropology of performance) dans laquelle, comme le disait Victor Turner, la cognition, à égalité avec la volonté et l'émotion, est structurée comme un drame s'inscrivant dans la durée et l'expérience vécue.