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Ethnographic semantics
Un paradigme des années 1960

12 septembre 2012

Années 1960 aux Etats-Unis. Noam Chomsky révolutionne la linguistique (Aspects of the Theory of Syntax, 1965). John Gumperz et Dell Hymes fondent la sociolinguistique en la définissant comme une «ethnographie de la communication» (American Anthropologist, 1964). Enfin se crée l'ethnoscience.

The intellectual center of the new perspective was at Stanford University, developed in the early 1960s by Kim Romney, Roy D'Andrade, Charles Frake, and their students, including Brent Berlin, David Kronenfeld, and Naomi Quinn, among others. A second locus later in the 1960s was at the University of California at Berkeley, led by Brent Berlin and Paul Kay. The theoretical perspective was first labeled as "ethnoscience," the study of the ways in which domains of knowledge in traditional societies were distinguished and organized. In time, a number of other labels were applied, including "ethnosemantics," "componential analysis," "lexical semantic analysis," and eventually "ethnographic semantics."

A research procedure was established, in which the anthropologist began with a domain such as kinship or color, then elicited exhaustively the terms for the types of objects (kin types, color types) within the domain, followed by an analysis of the components (semantic features) from which the objects are uniquely constructed. Lastly, the psychological reality of the analysis could be demonstrated, through feedback from the folk whose domain was under description.

B.G. Blount, A History of Cognitive Anthropology, in David B. Kronenfeld et al., A Companion to Cognitive Anthropology, Chichester UK, Wiley-Blackwell, 2011, pp. 13–14.

colby_ethnographic_semantics.pdf

Benjamin N. Colby, Ethnographic Semantics: A Preliminary Survey, Current Anthropology, Vol. 7, No. 1 (Feb., 1966), pp. 3-32.

La sémantique ethnographique passa de mode dans les années 1980. L'ethnoscience dans son ensemble, caractérisée par des méthodes d'enquête objectivistes, fut disqualifiée (comme l'Orientalisme dans les aires culturelles d'Asie) par le retour de la subjectivité dans les sciences sociales, au profit de nouvelles approches psychologiques, réflexives ou dialogiques. L'ethnographie, en elle-même, s'est renouvelée en prenant pour matériaux non plus des corpus mais des œuvres où le sens dépend du contexte d'énonciation ou de performance. L'indexicalité est désormais au centre de toute enquête de science sociale. Il s'est donc produit la même rupture, dans l'histoire de l'anthropologie cognitive, que celle qu'on observe dans des disciplines voisines entre, par exemple l'ethnolinguistique (une sémantique) et l'anthropologie linguistique (une anthropologie de l'énonciation), ou bien entre sémantique et pragmatique du discours.