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Speaker's Reference
and Semantic Reference
(Kripke)

Révisé 10 juillet 2016

Les noms propres, y compris les noms d'espèces naturelles comme myrobolan, manguier, banyan et peepal, sont pleins d'images. Quel est le statut linguistique et cognitif de cette imagerie? Leur valeur n'est pas liée à leur signification (descriptions, connotations) mais à leurs effets illocutoires (sur l'affectivité des interlocuteurs qui les prononcent). Voici comment Saul Kripke analyse cette ambiguïté.

Saul A. Kripke, Speaker's reference and semantic reference. In Contemporary Perspectives in the Philosophy of Language, ed. P. French, T. Uehling, and H. Wettsteln, 6- 27. Minneapolis: University of Minnesota Press, 1977. Reprint dans Saul A. Kripke, Philosophical Troubles. Collected Papers, Volume I, New York, Oxford UP, 2011.

Pédagogue et conférencier hors pair, il ne cesse d'inventer des histoires mettant en scène des magiciens ou des fraudeurs.

«Dans les mains d'un magicien, imagine-t-il par exemple, un mouchoir change de couleur. Un spectateur raconte le tour de magie en disant: «Il posa ensuite le mouchoir rouge au bord de la table», mais un autre spectateur introduit un doute: «On le voyait rouge (it looked red)». Le sens des mots dans ce contexte était que l'on voyait rouge l'objet auquel l'énoncé faisait référence (le mouchoir). Mais ce dont nous parlons quand nous parlons du sens des mots qu'emploie le locuteur en l'occurrence contient une ambiguïté dans l'énoncé qu'il faut lever.» What we speak of when we speak of the meaning of his words, on that occasion, includes a disambiguation of the utterance.

L'intention du locuteur était de suggérer que peut-être le mouchoir n'était pas réellement rouge.

Ce type d'ambiguïtés peut aussi s'analyser à la manière de H. Paul Grice, qui distinguait entre le sens littéral d'une phrase et ses implicitations ou implicatures quand elle est prononcée dans le cours d'une conversation.

Exemple (Grice, Logic and conversation, 1975): “If someone asks me how a friend is doing in his new job at a bank, and I reply: "Oh quite well, I think; he likes his colleagues, and he hasn't been to prison yet," then I will probably convey the opinion that the friend's honesty is open to question, though it would be entirely implausible to attribute that meaning directly to any part of the sentence I uttered.”

L'affectivité fait intrusion dans la langue. Sous la surface vernie de la phrase, qui grammaticalement communique une information apparemment factuelle, perce l'ironie, la rhétorique ou le sous-entendu qui expriment les sentiments du locuteur. Les indices en sont principalement les noms propres et les indexicaux.

La distinction entre référence sémantique [information factuelle] et référence du point de vue du locuteur [implicature] fut inspirée à Kripke par Donnellan.

David Lumsden [University of Waikato, NZ], The Relationship Between Speaker's Reference and Semantic Reference. Language and Linguistics Compass, 4 (2010): 296–306.

The distinction between speaker's and semantic reference arose in connection with Donnellan's distinction between the referential use and the attributive use of definite descriptions. The central issue concerning the referential/attributive distinction is whether it is semantic or pragmatic. Kripke favours the pragmatic interpretation and developed the terminology of speaker's and semantic reference in his explanation. The notion of speaker's reference can apply also to uses of proper names, demonstratives, indefinite descriptions and quantifier expressions. The main danger for the speaker's reference/semantic reference distinction lies in controversy over the semantics/pragmatics interface. Both Relevance Theory and neo-Gricean theory acknowledge the phenomenon of pragmatic intrusion into semantics. If the pragmatic intrusion involves objective context rather than speaker's intentions this may permit a distinction between speaker's and semantic reference.

Keith S. Donnellan, Reference and definite descriptions. Philosophical Review 77 (1966): 281-304.
Cf. Marga Reimer, Donnellan's Distinction/Kripke's Test, Analysis, Vol.58, No.2 (Apr., 1998), pp.89-100.

A comparer avec la distinction médiévale entre interprétations de re et de dicto.

Sur de dicto distingué de de re, excellente entrée dans la Sémanticlopédie (Claire Beyssade):

http://www.semantique-gdr.net/dico/index.php/De_re_vs._de_dicto